0.3 Préambule








 

 

Le client-serveur, fonctionnel depuis de nombreuses années, s'est néanmoins heurté au problème aigu du coût du déploiement d'une application, de sa configuration sur des milliers de postes de travail hétérogènes (type, mémoire, capacité, niveau de système d'exploitation, etc.). L'appropriation des technologies du World Wide Web par l'entreprise lui ouvre un nouvel avenir.

Ce nouveau paradigme, autour duquel semble devoir s'organiser le système d'information, n'est cependant pas sans poser à son tour un ensemble de questions dont l'acuité est à l'échelle du succès attendu de l'intranet. Tant techniques que structurels et organisationnels, ces problèmes sont d'autant plus difficiles à appréhender qu'ils concernent peu l'Internet dont le polymorphisme, parfois chaotique, ne fait en réalité que refléter la diversité de culture de ses différents acteurs.

La réussite d'un intranet suppose en effet qu'une qualité de service soit assurée par une architecture et des outils modulaires, robustes mais simples. Il s'agit, à l'instar de toute application ayant pour cible l'ensemble de l'entreprise [1] de :

  • garantir la validité, la cohérence et la fraîcheur des informations publiées ;
  • assurer la pérennité de données issues d'applications plus anciennes ;
  • définir les règles permettant à un ensemble d'acteurs, de profils très variables, d'enrichir le système en minimisant les contraintes ;
  • fournir à l'utilisateur final, peu formé par définition, une ergonomie simple et évolutive ;
  • gérer les profils et droits éventuels de milliers d'utilisateurs ;
  • gérer des données dynamiques, réparties sur l'ensemble de l'entreprise ;
  • disposer de statistiques d'accès aux différents services, fiables et adaptatives ;
  • fournir aux exploitants des outils de gestion, de surveillance et d'audit.

Établi par [ Black_94, Berners-Lee_94a], le parallèle entre le Web et un système d'exploitation orienté objet montre bien l'adéquation de ce modèle à la diversité, la modularité et la " transversalité " de l'Internet (et par restriction, de l'intranet). Il implémente en effet naturellement la persistance des objets (création, destruction et stockage des documents), leur invocation (un protocole - HTTP - compris de tous les objets, capable de leur transmettre des messages avec des paramètres - les méthodes GET, POST, etc.), un nommage uniforme (les URL [ Berners-Lee 94b]) et une extensibilité du modèle sans recompilation d'un noyau (les CGI et API).

Par ailleurs, le foisonnement actuel des recherches autour des nombreux concepts d'objets et de composants réutilisables tels CORBA [ OMG_91], DCOM [ Brown_96] ou JavaBeans [ Colan_97] montre clairement l'intérêt du mariage de ces approches. Il masque cependant l'absence de maturité des standards et surtout le fossé technologique qui existe entre des groupes ayant une vision prospective évoluée de l'informatique et d'autres, plus traditionnels, où la taille et la culture d'entreprise induisent des lourdeurs et une inertie inévitables.

Nous présentons ici une architecture de base, réflexive, orientée-objet et commune à un intranet qui associe dans sa phase actuelle le Web, les bases de données, un métalangage de manipulation de description et des techniques issues de l'Intelligence Artificielle. pour proposer aux utilisateurs connectés au réseau d'entreprise un accès fiable et uniforme à un ensemble facilement extensible de données locales ou transversales.

RICERCAR met en place un ensemble de bases de données fédérées qui décrivent et référencent les objets disponibles. Les serveurs Web associés à ces bases composent ainsi dynamiquement les documents correspondants, indépendamment du serveur interrogé ou de la localisation effective de ces données. Cette architecture garantit la qualité de service en assurant notamment la permanence des URL publiées et la génération dynamique de la structure (l'arborescence) d'un serveur. Elle propose un modèle de navigation uniforme, gère l'authentification et les accès des utilisateurs et, enfin, autorise une surveillance d'ensemble ainsi que des statistiques de fréquentation modulaires et significatives.

Suite à ses différents amorçages (bootstrap), RICERCAR enregistre, dans cette même base répartie, la description et les références de ses propres données ainsi que celle des métascripts utilisés pour générer dynamiquement les documents de l'intranet. Cette réflexivité, qui lui permet de manipuler et d'enrichir ses structures, en fait ainsi un système ouvert et adaptatif.

Nous analyserons donc les spécificités techniques et organisationnelles qui singularisent à notre sens l'intranet par rapport à l'Internet ainsi que leur implémentation dans RICERCAR dont nous présenterons ensuite les applications concrètes ainsi que les perspectives d'évolution.

Notes

1. Cette thèse a été réalisée à la RATP et à l'Université René Descartes qui ont offert des terrains de discussion et d'expérimentation privilégiés mais variés. La grande homogénéité de la perception de l'intranet en France, vérifiée au travers de contacts réguliers, nous amènera cependant à utiliser ici le terme " entreprise " dans son acception la plus générale.

 

"th_preambule" a été publié par Jse RiceRcaR le 18/02/1998, (modifié le 14/07/2001 à 20h27mn).
Serveur administré par JSb RICERCAR